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5 propositions pour remédier à l'inertie Française

Ecrit par Geoffroy Didier
5 propositions pour remédier à l'inertie Française

Suspendre ma campagne de la primaire pour quelques jours après le drame de Nice m'est apparu comme une évidence. Mais agir pour éviter que de telles horreurs se reproduisent est aussi notre devoir.

​L'impuissance publique n'a jamais été aussi grande. L'idéologie du désarmement pénal doublée d'une inédite force d'inertie auront fait du quinquennat de François Hollande une présidence d'une rare insuffisance. Mais le mal est plus profond, les responsabilités malheureusement partagées. Depuis trente ans, quelle vision de l'école, de la transmission, du respect, de l'assimilation, de notre souveraineté ? Et sous des gouvernements de droite, pourquoi a-t-on abandonné la double peine puis baissé le nombre de militaires, de policiers et de gendarmes? L'humilité s'impose à chacun de nous.

​A la faiblesse des actes, s'est ajouté pendant de nombreux mois le mensonge des mots.  Beaucoup de responsables politiques ont enfumé le débat public en faisant croire que la déchéance de nationalité serait, par exemple, la solution à nos maux. Certes symboliquement forte, la déchéance de nationalité n'aurait concrètement jamais empêché un attentat en France. Ni ceux du 13 novembre - qui peut croire qu'un français refuserait de commettre un acte terroriste par crainte de perdre sa nationalité alors qu'il croit trouver son salut dans sa propre mort ? - ni celui de Nice, le terroriste n'ayant jamais été français. La facilité comme le mensonge ne doivent plus jamais servir de paravent à l'inertie.

​Ne nous leurrons pas : nous sommes aujourd'hui face à un choix de société dont les résultats prendront une génération. Qu'accepte-on de tolérer ? Que sommes-nous décidés à transmettre ? C'est tout le singulier puzzle de la France qu'il faut aujourd'hui reconstruire. 

​Au-delà des solutions de long terme sans lesquelles rien ne sera possible, j'émets cinq propositions d'urgence.

1. Augmenter massivement les effectifs et équipements des forces militaires, de police et de gendarmerie. 

​Si la droite a commis l'erreur de diminuer les effectifs des forces d'armée et de protection lors du dernier quinquennat, pire, le gouvernement actuel n'a jamais pris la mesure des nouvelles menaces. Il aurait dû embaucher, armer et adapter l'équipement de nos forces de sécurité et de protection plutôt que de recourir à l'armée dans le cadre de l'opération Sentinelle.

2. Enfermer dans un centre de rétention tout individu formellement identifié par les services de renseignement comme radicalisé ou en voie de radicalisation, afin de le mettre hors d'état de nuire.

​La logique qui consiste à attendre qu'un fanatique ait commis un acte terroriste pour l'interpeller et l'enfermer n'est tout simplement plus supportable. Le fait que cette mesure exige une modification constitutionnelle ne doit en rien constituer un obstacle politique à sa mise en œuvre.

3. Rendre la double peine systématique et immédiate en expulsant dès sa condamnation un étranger condamné en France pour un crime ou un délit de violence.

Chacun sait que la lutte contre le terrorisme ne peut se réduire à une action franco-française mais la France a le devoir de protéger. Beaucoup de terroristes sont de nationalité française, mais l'expulsion immédiate d'un étranger condamné pour crime ou délit de violence a pour objectif de freiner l'engorgement et les dangers de la radicalisation des prisons françaises. L'auteur de l'attentat de Nice aurait ainsi été renvoyé dans son pays dès sa première condamnation pour violence. 

4. Réorganiser les services de renseignement en créant, comme le préconise la commission d'enquête présidée par Georges Fenech, une agence nationale de lutte contre le terrorisme.

​L'objectif est de coordonner et de centraliser le renseignement pour que nos homologues étrangers et notamment européens sachent directement à qui s'adresser, pour faire remonter les renseignements locaux sans perte d'information et pour mettre en place un véritable renseignement pénitentiaire.

5. Demander à la représentation nationale de débattre immédiatement de l'opportunité d'envoyer des troupes au sol françaises pour aller éradiquer Daech en Irak et en Syrie.

Être en guerre impose de la faire. Ne pas agir là-bas, c'est s'exposer à une défaite en France. Le débat est lourd, mais nécessaire.

Êtes-vous d'accord ?

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