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Je propose un « test de radicalisation » dans les collèges et lycées

Ecrit par Geoffroy Didier
Je propose un « test de radicalisation » dans les collèges et lycées

La majorité des attentats récents ont été commis par des jeunes qui sont allés à l’école en France. L’un des deux criminels de Saint-Etienne-du-Rouvray venait même tout juste de terminer ses études secondaires. Cet échec de la société est le résultat d’un poison que les politiques ont trop longtemps cru pouvoir ignorer : la radicalisation de jeunes en France.

Ces jeunes passent sous l’influence d’Internet en consultant des sites et vidéos djihadistes ou sont recrutés par des imams salafistes qui viennent jusqu’à la sortie de certains collèges et lycées. Entre véritable emprise et recherche cynique d’une gloire médiatique, de plus en plus de jeunes sont exposés à la propagande djihadiste.

J’ai, d’ores et déjà, émis des propositions en vue de limiter le risque de nouveaux actes terroristes en France. J’ai ainsi proposé de responsabiliser les réseaux sociaux et sites internet, voire de les sanctionner pour complicité d’apologie de terrorisme s’ils ne retirent pas immédiatement tout texte, image ou vidéo djihadiste. J’ai aussi proposé d’anonymiser les terroristes en demandant à l’autorité judiciaire et aux médias de ne plus rendre publics leur nom et leur photo afin de priver Daech de toute promesse de gloire médiatique à des déséquilibrés avides de notoriété. Mais on ne peut plus attendre que des attentats soient commis pour agir. Il faut aussi organiser une détection du risque de radicalisation à titre de prévention.

Je propose de détecter la radicalisation des jeunes le plus tôt possible afin d’interrompre le processus et de se mettre en état de protéger l’adolescent, la famille et la société. Concrètement, je propose que soit créé un « test de radicalisation » pour tout jeune scolarisé dans un collège ou lycée dont le comportement aura été identifié comme inquiétant par la communauté éducative.

Ce « test de radicalisation» prendrait la forme d’un entretien entre l’élève et un psychologue de la communauté éducative afin d’évaluer le degré plus ou moins avancé de radicalisation. Ce test comprendrait notamment des questions permettant de confirmer ou non l’existence d'un processus de radicalisation islamiste : « Refusez-vous des activités sportives sous prétexte qu’elles sont mixtes ? », « Comment qualifiez-vous les récents attentats en France ? », « Que pensez-vous du djihad ? », « Consultez-vous ou avez-vous déjà consulté des vidéos ou sites appelant au Djihad?», etc. Ces indices de radicalisation font partie de ceux déjà identifiés par le gouvernement sur le site stop-djihadisme.gouv.fr.

Si le test s’avère positif ou en cas de refus de l’élève, les parents de l’adolescent mineur seraient informés et un suivi psychologique et éducatif devrait être immédiatement mis en œuvre en vue d’enrayer le processus de radicalisation. L’élève serait ensuite convoqué régulièrement afin de tester l’évolution du processus. En cas de poursuite ou d’amplification de la radicalisation, le proviseur aura pour devoir d’effectuer, avec les services d’assistance à l’enfance, un signalement à la police, à la gendarmerie et à l'autorité judiciaire.

Le contexte dramatique actuel exige des mesures immédiates pour agir le plus en amont possible afin de protéger les jeunes, les parents et la société contre la radicalisation. Combattre Daech nécessite d’identifier de façon précoce tout processus dangereux pour l’adolescent et la société sans attendre le passage à l’acte. Les décrocheurs de la République doivent être aidés avant qu'il ne soit trop tard, et surveillés dès que cela devient nécessaire.

Aucune solution miracle n'existe contre le terrorisme. Mais s'entendre dire que, sous prétexte qu'il n'existe pas de sécurité absolue il ne faudrait rien faire de nouveau est insupportable. La déchéance de nationalité, qui a monopolisé l'attention de la classe politique et médiatique durant de nombreux mois, est une mesure symbolique mais totalement inefficace. Tout comme le bracelet électronique, elle n'empêchera jamais un attentat. Il est donc du devoir des responsables politiques de faire preuve d'imagination pour créer des obstacles nouveaux et concrets, de sanction mais aussi de prévention, contre la radicalisation et la réalisation d'actes terroristes. La mesure des "tests de radicalisation" est une mesure de prévention. Elle n'a de sens que si elle s’inscrit dans une politique de renforcement des moyens d’assistance à l’enfance (recrutement de nouveaux psychologues scolaires, etc.) et dans une refonte de l'école qui doit redevenir le lieu principal de transmission des valeurs de la France. Cette réforme nécessitera d'enseigner notamment le respect et le dialogue interreligieux.

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