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Renouer le lien entre citoyens et politiques

Ecrit par Geoffroy Didier
Renouer le lien entre citoyens et politiques

Les Français sont en avance sur leurs représentants politiques. Ils créent, innovent, vivent en réseau et s'organisent. Ils n'attendent plus grand chose du politique. 


 Déstabilisés face à une telle réalité, nos gouvernants s'isolent, se chamaillent, se combattent. Les plus gradés ne connaissent plus que les palais de la République. Ils sentent peu à peu la colère monter mais semblent désarmés face à cette fronde qui gronde chaque année davantage.


 Un électrochoc est nécessaire. Non pas dans les urnes, car toute aventure extrémiste serait l'assurance d'un décrochage économique et un isolement diplomatique qui plomberaient la nation française. Plutôt un électrochoc dans les règles et dans les attitudes que les responsables politiques doivent sans délai s'imposer et s'appliquer à eux-mêmes. 


 Plus que d'être commandés, les Français veulent être considérés. Une ordonnance imposée par le haut serait un signe de faiblesse du politique qui ne saurait plus comment faire avec le peuple. Un référendum d'initiative citoyenne et d'application presque immédiate serait, au contraire, le fruit d'une volonté populaire respectée et souveraine. Nos concitoyens préfèrent faire ensemble plutôt que de se laisser dicter leur conduite. Comprenons bien leur message : ils ne demandent pas de se voir imposer une politique, ils demandent, plus simplement, à être respectés dans leur choix. 


 C'est toute la manière de gouverner qu'il faut aujourd'hui repenser. A commencer par davantage écouter, respecter et impliquer les Français. Je propose d'instituer des circuits courts entre la volonté populaire et la décision politique. La tuyauterie normative, l'isolement du pouvoir, la déconnexion des réalités doivent être tout simplement court-circuités. Tel est l'électrochoc politique que beaucoup souhaitent sans parfois ne plus oser l'espérer. 


 Le défi français est de retrouver ce qu'André Siegfried qualifiait de "vouloir vivre collectif". Nos concitoyens s'accordent sur un point : il est grand temps que les politiques rentrent dans la boucle de ce destin commun.


 Voici donc huit propositions pour renouer le lien entre citoyens et politiques.

Proposition 1. Un référendum national par an en France.

Je propose d'élargir le champ d'application du référendum pour soumettre chaque année au peuple une réforme fondamentale. 


 Le champ d'application de l'article 11 de la Constitution sera ainsi élargi aux libertés et choix sociétaux, permettant de proposer chaque année au peuple une réforme par voie référendaire. 


 Le vote du référendum devra s'imposer aux représentants de manière souveraine, sans laisser la possibilité aux gouvernants de l'annuler de manière détournée comme ce fut le cas avec le Traité de Lisbonne en 2007 à la suite du refus de la Constitution européenne par une majorité de Français en 2005. Lorsque le Général de Gaulle engageait son mandat sur un référendum et qu'il le perdait, il respectait la décision populaire et, le lendemain à midi, quittait le pouvoir.

Proposition 2. 5% du corps électoral pourront déclencher un référendum.

Les Français doivent pouvoir être directement à l'initiative d'un référendum. Si 2 % des citoyens inscrits sur les listes électorales - soit environ 2 millions de personnes - répartis de manière équitable sur le territoire souhaitent initier un référendum sur un sujet, celui-ci sera organisé.

Proposition 3. Le parrainage de 2% du corps électoral permettra à un candidat de se présenter officiellement à l'élection présidentielle.

A l'image de ce que préconise le Professeur Olivier Duhamel, je propose que le soutien de 2 % du corps électoral puisse suppléer les 500 parrainages nécessaires de maires pour avoir le droit de se présenter à l'élection présidentielle. Le parrainage citoyen et le parrainage d'élus deviendront ainsi deux conditions alternatives, et non cumulatives, pour devenir candidat à l'élection présidentielle. Cela permettra à des personnalités différentes, par exemple venant directement de la société civile, de porter un projet pour la France.

Proposition 4. Un même lieu réunira tout l'exécutif afin de simplifier, moderniser et faciliter le travail des gouvernants au service du peuple.

  Avec un président de la République isolé dans son palais d'un autre temps, un premier ministre dans un autre du même type et chaque ministre fonctionnant de la même manière, le pouvoir politique est aujourd'hui organisé de manière obsolète par rapport aux entreprises privées. La configuration du pouvoir nuit à son efficacité, donne une image décalée et ne fait qu'exacerber ses tensions internes.


        Les hauts lieux d'apparat du 18ème siècle ne sont pas des lieux de travail adaptés au 21ème. Et leur éparpillement offre l'occasion de combats stériles légendaires comme ceux entre les ministres de l'intérieur et de la justice, partagés entre la place Beauvau et la Place Vendôme. 


        Tout l'exécutif sera donc réuni dans un même lieu de travail, construit à l'issue d'un concours national d'architectes, et qui sera à la fois moderne, fonctionnel et transparent. Le palais de l'Elysée, l'Hôtel Matignon et les principaux palais historiques de la République seront conservés et serviront aux réceptions officielles, mais deviendront aussi des musées ouverts au public permettant à chacun de s'emparer de l'histoire de France.

Proposition 5. Un quorum de participation minimale sera nécessaire pour valider chaque élection.

Pour être légitime, un élu doit disposer d'un appui populaire suffisant. Cette légitimité nécessaire à l'action publique commande qu'un quorum de participation soit déterminé pour chaque type d'élection. Le taux de participation minimale ne pourra jamais être au-dessous de 50% pour une élection locale et 70% pour une élection nationale.


        Si ce quorum de participation n'est pas atteint, cela signifie que les citoyens ne se sont pas sentis suffisamment représentés par l'offre politique. L'élection est alors annulée, et une nouvelle élection avec d'éventuels nouveaux candidats sera alors organisée sous 90 jours.

Proposition 6. Lors de l'élection présidentielle, le citoyen votera pour un candidat mais aussi pour des engagements pris par ce candidat devant le peuple.

Pour contraindre le président de la République élu à respecter son programme présidentiel, le bulletin de vote lors de cette élection sera transformé et complété. En plus de comprendre le nom de l'homme ou de la femme candidate, il comprendra les 5 propositions concrètes que le candidat aura lui-même considéré comme étant ses cinq engagements prioritaires.


 Au bout de deux ans et ce chaque année jusqu'au terme du mandat présidentiel, la Cour des comptes jugera publiquement de la mise en œuvre ou non de chacun de ces cinq engagements après consultation des organismes compétents, incitant le président à agir en amont pour éviter un jugement négatif.

Proposition 7. Un élu ne pourra plus occuper simultanément plus de deux mandats électoraux.

Le cumul des mandats constitue l'un des principaux verrous qui empêche de changer la manière de faire de la politique. 


 Un élu devra se consacrer à la mission politique qui lui a été confiée par les électeurs. Il ne pourra plus être, par exemple, à la fois parlementaire et membre d'un exécutif local. La loi sur le non-cumul devra ainsi être respectée et appliquée.

Proposition 8. Un élu sera limité à trois mandats électoraux successifs.

Le cumul dans le temps empêche le renouvellement du personnel politique et verrouille encore et toujours un système à bout de souffle. Cette fermeture du système politique a, par exemple, pour conséquence le défaut de parité avec seulement 27% de femmes à l'Assemblée nationale et 25% au Sénat. 


 Un même mandat d'élu local ou de parlementaire ne pourra pas être renouvelé plus de deux fois. Un élu ne pourra ainsi effectuer successivement le même mandat que trois fois de suite afin de laisser à d'autres la possibilité de lui succéder.

Êtes-vous d'accord ?