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Sécurité : mettre fin à l’impuissance publique

Ecrit par Geoffroy Didier
Sécurité : mettre fin à l’impuissance publique

Une conviction forge mon engagement politique à droite : sans ordre, il n’existe pas de justice. Il aura pourtant fallu attendre les attentats terroristes de l'année 2015 pour que les responsables politiques prennent conscience de la menace qui pèse sur nous. Nous attendons plus que jamais de l’État qu'il joue son rôle : garantir notre tranquillité.

Les Français ne se sentent plus en sécurité. Certains voudraient nous faire croire qu’il ne s’agit là que d’un sentiment. Depuis trop d'années, la délinquance augmente pourtant réellement en France. De nombreux indicateurs sont en hausse constante : une augmentation des violences aux personnes de 2% l’année dernière ; une augmentation des atteintes aux biens jusqu’en 2015 avec notamment une hausse de 18% des cambriolages entre 2007 et 2012 et de +4,3% entre 2012 et 2014 ; des actes antisémites bien trop nombreux, une multiplication par trois des actes islamophobes et une hausse de 20% des atteintes aux lieux de culte chrétiens en 2015.

Les forces de sécurité n'ont pas les moyens de nous protéger véritablement et les scènes de solidarité de 2015 lorsque nos concitoyens acclamaient les policiers ont laissé place aux violences des casseurs.  Le désordre prospère sur le terreau de l'impuissance publique.

Il faut bien plus que rompre avec la politique de sécurité du gouvernement socialiste. C'est, en réalité, la page de nombreuses années d’hésitations et d’abandons que nous devons tourner. S’il n'existe pas de sécurité absolue, l’État doit d'urgence se recentrer sur ses missions. A commencer par celle qu’il est le seul à pouvoir remplir : garantir la protection de chacun. Je veux lui redonner les moyens de l'assurer.

J'avance donc cinq premières propositions.

1. Je propose de mettre en place une interdiction préventive de manifester des casseurs, même hors état d’urgence.

Les casseurs sont un fléau pour les forces de sécurité, pour les manifestants comme pour les commerçants qui voient parfois leur outil de travail brisé en quelques secondes. Ils constituent une vraie menace pour le droit de manifester.

L’article 6 de la loi sur l’état d’urgence permet d’assigner à résidence ces délinquants mais de telles décisions sont susceptibles d’être cassées par les juridictions administratives. Le gouvernement a commencé à utiliser l’article 5 de cette même loi qui permet « d’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics ». Cette décision, certes tardive, va dans le bon sens mais elle doit surtout désormais être élargie à la période hors de l’état d’urgence. Aussi, je propose qu’une loi permette aux préfets d’interdire préventivement de manifestation tous ceux qui sont connus des services de renseignement comme des casseurs. Cette loi d’anticipation, à l’image de celle votée pour lutter contre le hooliganisme, permettra, en toutes situations, d’empêcher de tels débordements.

2. Je veux que le cœur de l’État retrouve les moyens de son action en assumant d'augmenter massivement le budget de nos forces de protection.

La paupérisation des services les plus fondamentaux de l’État est devenue un tabou. Elle est aussi un scandale. Les armements sont totalement inadaptés à la menace réelle (nouvelles armes attendues depuis les attentats mais jamais arrivées, manque de munitions dans les stands de tir...). Les policiers et gendarmes déplorent une carence de véhicules, d'équipements et de formation par exemple face aux risques NRBC (Arme nucléaire, radiologique, biologique et chimique) en cas de « bombe sale ». Trop peu sont formés aux situations les plus à risque à commencer par les stages « Amok » de neutralisation des terroristes qui ne sont effectués à ce stade.
S’agissant des effectifs, nous avons eu tort entre 2007 et 2012 d’appliquer la Révision Générale des Politiques Publiques aux forces de sécurité. Ainsi, selon des chiffres publiés par la Cour des Comptes en 2013, la police et la gendarmerie ont perdu plus de 9 000 postes sous le précédent quinquennat soit - 2000 postes par rapport à 2002. Les créations de postes promises tardent à venir. Sur les trois premières années d’exercice du quinquennat de François Hollande, les effectifs réels dans la police ont diminué de 143 997 à 143 050 et de 96 213 à 95 195 dans la gendarmerie. 2015 est la première année du quinquennat à voir une hausse réelle. Ce retard est notamment dû aux fermetures des écoles de formation qui sont passées de 25 à 10 depuis 2005. Nous subissons aujourd’hui les conséquences de nombreux abandons d’hier.

Je propose, par conséquent, une augmentation importante du budget sécurité du ministère de l’Intérieur afin de reconstruire les écoles de police et, plus globalement, d’augmenter les effectifs et d’améliorer la formation de nos forces de l’ordre.

3. Je veux recentrer les forces de sécurité sur leurs missions principales en déléguant certaines compétences au secteur privé.

Je souhaite que la police et la gendarmerie soient pleinement mobilisées dans la lutte contre la délinquance et pour la sécurité des Français au quotidien. L'augmentation du budget que je propose doit donc s'accompagner d'une priorisation.

Certaines compétences doivent être déléguées au secteur privé : procurations de vote, surveillance de certains bâtiments publics, gardes de préfecture et d’hôpitaux etc.) pour concentrer nos forces sur le terrain.

4. Je souhaite simplifier la procédure pénale pour ne plus mettre des bâtons dans les roues des policiers.

Les forces de l'ordre ne doivent plus crouler sous les procédures. La Cour des Comptes estime que 60 % de leur temps de travail y est consacré.

Je veux simplifier et accélérer la procédure pénale, par exemple en accélérant les procédures de saisie et en favorisant la réattribution aux forces de sécurité des moyens pris au criminel. Comment comprendre que les policiers, qui n’ont pas suffisamment de véhicules, ne puissent même pas utiliser ceux de délinquants et criminels pourtant immobilisés par leurs services ?

5. Je souhaite apaiser les relations entre les forces de sécurité et nos concitoyens.

Dans ce climat de violence, les actes des policiers et gendarmes sont malheureusement souvent regardés avec soupçon. Mon objectif est d'apaiser les relations entre les forces de sécurité et nos concitoyens qui doivent réciproquement être plus respectueuses.

Pour ce faire, le tutoiement doit être proscrit dans les deux sens et c'est une faute professionnelle pour un policier ou un gendarme que de tutoyer un citoyen. Pour s'assurer que les actions des forces de sécurité soient irréprochables comme pour les protéger face aux fausses accusations, je souhaite généraliser le port d'une mini-caméra du type « Gopro » par les policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire national. Dans des cas extrêmes d'opérations de maintien de l'ordre, les images incontestables des caméras de type « Gopro » permettront de s'assurer de la véracité des faits. Ainsi, personne ne sera victime d'une approximation voire d'une instrumentalisation.

D’autres propositions, notamment liées à l’autorité judiciaire, suivront dans les prochains jours et prochaines semaines.

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