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De la morale en politique

Ecrit par JeanMagne

Quel est le bon équilibre entre efficacité et sentimentalisme?

De la morale en politique

Bonsoir, cher lecteur.

Un politicien doit-il avoir une morale?

Nous pourrions au premier abord penser que non : en effet, pour prendre des décisions efficaces, faire appliquer la loi, traiter avec des États étrangers, etc, il conviendrait d'agir sans état d'âme. Seulement, ne pas avoir d'état d'âme conduit également à mentir, à s'enrichir en profitant de l'argent du contribuable, bref, cela peut nous entraîner jusqu'au Panama...

Mais, me direz-vous, une morale ne conduit-elle pas à s'émouvoir du malheur de chacun, à réagir par compassion pour minimiser la détresse? On voit jusqu'où nous mène le concert des bonnes âmes qui dénoncent les injustices et, par ce fait, immobilisent toute action politique.

Alors, comment faire?

Il me semble que l'action politique devrait être portée par une réflexion sur le long terme, et un objectif, nous l'avons dit, qui est le bien commun des Français, c'est à dire ce qui peut conduire l'ensemble de nos concitoyens vers une vie meilleure sur le long terme. Mais cela ne se fait pas immédiatement, parce qu'il faut y travailler dur et longtemps.

Les politiques devraient alors pouvoir proposer une feuille de route sur le long terme, feuille de route partagée par la majorité, mais après une phase de réflexion et d'acceptation des contraintes que cela implique. Et c'est là qu'il ne faut pas faire n'importe quoi : en effet, la vision de long terme implique des choix et des renoncements. Ces choix et ces efforts s'appliquent à tous et, en premier lieu, aux politiques, c'est à dire qu'ils doivent accepter de conduire l'action de long terme quoiqu'il leur en coûte.

C'est là qu'apparaît la morale : en effet, les choix que je vais imposer aux autres, je dois d'abord les appliquer à moi-même. Par exemple, il faut augmenter les impôts? Alors, comme leader, je paye ma part d'impôts sans tricher. Il faut les diminuer, mais pour cela, réduire le train de vie de l’État? Alors, je renonce à ma voiture de fonctions et je marche à pieds. Un politique n'est pas crédible tant qu'il ne s'applique pas les mêmes règles que les autres. Cette morale est simple et se retrouve dans toutes les religions. Et sans religion, on rencontre également des personnes de grande rigueur morale qui s'appliquent cette règle. Sur le court terme, elle permet de tenir dans une situation difficile : le bien commun impose de respecter cette règle, puisque je me l'applique et que j'ai le pouvoir, j'ai le mandat pour la faire appliquer à d'autres, même par la contrainte. C'est justement ce pourquoi je suis payé. Par exemple, la France ne peut pas accueillir tous les migrants du monde : alors, je décide de fermer les frontières pour protéger mes concitoyens et je les fais garder par les forces de l'ordre; des truands cassent les magasins et les voitures? Je les fais coffrer au plus vite et calme l'ardeur des avocats évoquant le vice de forme parce qu'il y a flagrant délit. On agresse les forces de police? Je mets à l'ombre, le temps de la réflexion, les délinquants puisqu'il faut protéger la dignité des forces de l'ordre afin qu'elles conservent leur efficacité.

Finalement, à partir d'une réflexion de long terme, il est nécessaire d'avoir une morale pour faire de la politique. Mais cela implique du courage.

Bonsoir

Êtes-vous d'accord ?